Les Civic Tech, pourquoi on en parle ?

Election après élection, on constate un taux d’abstention de plus en plus fort, les dernières en date en Ile de France sont édifiantes : dans la 1ére circonscription du val d’Oise, pour le second tour du 4 février 2018, 15.706 votants sur 82.256 inscrits soit une abstention de plus de 80% !!

Il y a un désenchantement fort de l’électeur et pourtant, on le constate au quotidien autour de nous, beaucoup de citoyens sont investis dans la vie publique et associative. La Civic Tech, ou Gov Tech, se donne notamment comme mission de renouer des liens entre les services de l’état, ou les services territoriaux, et les citoyens.

 

Obama le catalyseur

Obama a lancé le sujet lors de sa campagne en parlant d’open government, une façon de s’ouvrir vers les citoyens, de collaborer avec eux et de partager des données.  Le jour de son investiture il a voulu insister sur ce sujet en déclarant : “Nous allons travailler ensemble pour assurer la confiance du public et établir un système de transparence, la participation du public, et la collaboration. L’ouverture permettra de renforcer notre démocratie et de promouvoir l’efficience et l’efficacité au sein du gouvernement”

Les enjeux de ces civic tech sont multiples, la première étant d’élargir la participation des citoyens aux débats et aux décisions publiques mais aussi travailler sur la transparence, donner plus d’informations (via le développement de l’open data), co-construire les solutions, utiliser au mieux la technologie pour faire vivre le débat et le processus démocratique. On voit là de multiples dépendances entre les notions de technologie, démocratie, open data, transparence, citoyenneté…

 

Des familles qui cohabitent

Pour certains les Civic Tech ou Gov Tech sont tout d’abord des solutions technologiques qui ont pour but de rendre le gouvernement plus efficace et surtout plus accessible. Pour d’autres c’est un nouveau moyen de “pression” à la disposition des citoyens et enfin pour certains ce sont d’abord des plateformes de co-construction de projets entre citoyens et élus.

 

Cartographie actuelle des différentes familles 

Le secrétariat d’état au numérique avait recensé les différentes Civic Tech en essayant de les classer par catégorie (voir la cartographie ci-dessous). Elle permet de bien voir les différents axes pris par chacune des sociétés mais également de voir leur nombre, plus de 30 sur ce schéma pourtant non exhaustif car plus de 60 solutions de CIvic tECH / GOv Tech sont aujourd’hui déclarées.

Quel avenir ?

On imagine bien que ces solutions ne vont pas remplacer nos rituels démocratiques actuels qui restent indispensables. Ces outils peuvent cependant redonner un nouveau souffle et un élan notamment au niveau local pour des projets très concrets sur lesquels les citoyens pourraient reprendre la main. Ceci dit il faut être vigilant, comme pour toute solution technologique, de ne pas créer un lieu de débat qui serait réservé à une élite. Le risque existe d’éloigner une partie de la population de ces plateformes et créer une nouvelle fracture non seulement numérique mais aussi sociale, territoriale ou générationnelle.